“Aujourd’hui je me sens en sécurité”

Dans le cadre du programme de réinstallation, la Belgique s’est engagée à accueillir des Réfugiés syriens. Les premiers sont arrivés fin 2014. Gebrail, 23 ans, en faisait partie. Après avoir fui en Turquie où il pensait être en sécurité, il a trouvé protection en Belgique.

Propos recueillis en arabe.

Qu’avez-vous dû quitter pour arriver en Belgique?

temoin réfugié syrien réinstallationEn Syrie, j’avais une belle vie paisible, ordinaire. J’avais beaucoup d’amis avec lesquels je passais de bons moments et qui me manquent aujourd’hui. Je n’ai pas fait de grandes études mais j’ai vite trouvé du travail dans une pizzeria, c’est moi qui cuisinais les pizzas et cela me plaisait énormément. Et puis, tout cela a basculé. Ce n’est pas mon pays que j’ai fui mais la mort. Je me suis réfugié en Turquie en pensant y trouver la sécurité. Ce n’était pas le cas, les menaces étaient toujours présentes. Je n’étais pas le seul dans cette situation, beaucoup de personnes ont fui la Turquie dans des conditions très difficiles et dangereuses : à la nage, en bateau, en camion. Moi, j’ai eu la chance d’arriver en Belgique avec le programme de réinstallation, je ne pouvais pas rêver mieux. Mes remerciements ne seront jamais à la hauteur de ma gratitude envers la Belgique.

Aujourd’hui, quelle est votre plus grande inquiétude?

Dans ma vie, la plus grande inquiétude que j’ai eue était la mort. Aujourd’hui, je me sens en sécurité, les seules choses qui m’inquiètent c’est que je ne connais pas la langue et que je n’ai pas de vie sociale. Le français n’est pas une langue facile à apprendre, car il y a une grande différence entre les lettres qu’on lit et la manière dont il faut les prononcer. Pourtant, au pays, j’ai eu des cours de français et d’anglais, mais j’ai oublié tout ce que j’avais appris.

Que souhaitez-vous pour l’avenir?

Ce que je souhaite c’est être avec les gens, apprendre le français pour pouvoir travailler. Pour y arriver, j’ai d’abord besoin de bien m’installer et de prendre le temps qu’il faudra pour me reconstruire. Il faut que j’y aille petit à petit pour ne pas dépasser mes limites, sinon je ne pourrai plus rien faire. Quand je me sentirai bien, j’aurai la tête à apprendre le français et je trouverai un travail. Je pourrai m’y adapter quel qu’il soit. Ce travail m’apportera beaucoup et je suis sûr que j’apporterai beaucoup à la Belgique.

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