Gloire, RD Congo

Gloire« Un matin, ma maman est venue nous réveiller, mon petit frère et moi. Nous devions quitter la maison au plus vite, sans poser de questions. Le jour même, nous étions ensemble à bord d’un vol pour Bruxelles. Le lendemain, à cinq heures du matin, nous attendions dans le froid et la pluie devant l’Office des étrangers ». Gloire a 17 ans aujourd’hui. Cela fait sept mois qu’elle est en Belgique et l’émotion l’envahit lorsqu’elle se souvient de la précipitation avec laquelle elle a dû quitter le Congo et la vie d’adolescente qu’elle menait là-bas. Un départ sans dire au revoir. Il est vrai que son adolescence était déjà depuis longtemps privée de l’insouciance de cet âge. Opposante au régime du président Kabila, sa mère a été arrêtée et maltraitée pour avoir dénoncé une fraude électorale. Gloire et son petit frère eux-mêmes ont dû se cacher pour échapper à des menaces qui se précisaient de plus en plus. Quitter le pays était donc devenu la seule solution pour vivre en sécurité. « Là-bas, je vivais toujours enfermée, car nous avions peur. J’ai même dû me déguiser pour aller à l’école sans que l’on me reconnaisse ». En Belgique, la mère de Gloire et ses deux enfants ont obtenu le statut de réfugié après quelques mois. De ce fait, ils devront bientôt quitter le centre d’accueil pour demandeurs d’asile de la Croix-Rouge à Sint-Niklaas, où ils vivent depuis leur arrivée. « Ici, en Belgique, nous sommes libres et nous avons des droits », répète Gloire, soulagée de ne plus être en danger. Mais la liberté, leur nouvelle vie ne la leur offre pas comme on offre un cadeau. Pour vivre de manière autonome, sans assistance, il faut maintenant trouver un logement et un travail pour la mère de Gloire. « Nous avons beaucoup de mal à trouver un logement parce que les propriétaires ne veulent louer qu’à quelqu’un qui travaille, et ma mère ne trouve pas de travail parce que nous n’avons pas de logement ! » La mère de Gloire avait un commerce au Congo. Ici, elle voudrait devenir aide-soignante. Avant de quitter le Congo, Gloire suivait des études et voulait devenir infirmière. « J’ai déjà effectué un stage dans cette orientation ici. Mon petit frère, qui a huit ans, est plus doué que moi en néerlandais, mais je voudrais poursuivre mes études, de préférence dans cette voie », explique-t-elle.

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