Journée Mondiale des Réfugiés au profit des mères en exil

crédit photo: Marie Dorigny

A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, nous voulons attirer votre attention sur un public de réfugiés particulièrement vulnérable: les mères réfugiées.

On le sait bien aujourd’hui, même sans être réfugiées, les mères qui élèvent seules leurs enfants ont plus difficilement accès au marché du travail notamment à cause de la pénurie de structures d’accueil à Bruxelles, raison pour laquelle, elles risquent, plus que d’autres, de se retrouver dans une situation de pauvreté.

Or, celles que nous rencontrons sont d’autant plus vulnérables qu’elles vivent loin de leur pays, souvent dans des conditions précaires. Leur défi pour aller de l’avant, c’est de se reconstruire dans un pays dont elles ne connaissent souvent ni la langue ni les codes culturels. C’est là que Convivial intervient pour leur apporter une écoute bienveillante, des repères concrets et encourageants pour avancer : répondre aux besoins primaires, se nourrir et se loger dans un premier temps, ensuite les aider dans leurs démarches et procédures administratives parfois longues et coûteuses comme celle du regroupement familial. Par la suite, nous essayons pour briser l’isolement de leur proposer des occasions de rencontre et de création de nouveaux liens grâce notamment au projet Voisins Solidaires qui encourage la solidarité entre voisins d’un même quartier, réfugiés et belges.

Ce n’est que grâce à votre soutien que l’équipe pourra répondre, au mieux, aux réfugiés les plus fragiles, comme Fatimetou qui a bénéficié de l’accompagnement de Convivial (voir le témoignage ci-dessous).

Au nom de tous les réfugiés que nous accompagnons, nous vous remercions chaleureusement pour votre confiance en notre action.

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Témoignage: “J’ai quitté le pays parce que, selon la tradition, ma fille devait être excisée et mariée à 12 ans.”

J’ai 38 ans, je suis mère de 4 enfants et je suis en Belgique depuis 10 mois. Dans mon pays, la Mauritanie, j’étais journaliste, je défendais les droits de l’homme et me battais pour éradiquer l’esclavage, la pratique de l’excision et le mariage forcé à l’âge précoce. J’ai réalisé deux reportages sur ces sujets et depuis lors je suis dans le collimateur de l’état et j’ai été arrêtée à plusieurs reprises. J’ai quitté le pays parce que, selon la tradition mauritanienne et la volonté de son père, ma fille devait être excisée et mariée à 12 ans. J’ai connu Convivial grâce au bouche à oreille quand je cherchais un logement après mon séjour de 6 mois avec mes enfants dans un centre de Fedasil. Je ne remercierai jamais assez la personne qui m’a dirigée vers Convivial parce que grâce à l’accueil, la disponibilité des accompagnateurs sociaux et leur gentillesse, c’est la première fois que je me suis sentie écoutée. J’ai 4 enfants, le plus grand est âgé de 18 ans et la plus petite a 2,5 ans. En Mauritanie nous étions bien, les enfants avaient chacun leur chambre, ici nous vivons dans des conditions difficiles, nous n’avons pas d’argent pour vivre car mon compte en banque a été bloqué et nous n’avons pas d’aide de la famille. Ma vie était très différente en Mauritanie, j’étais une femme active. Malgré mon statut de diplômée, ce n’est pas facile d’espérer travailler dans mon domaine étant donné que je suis seule à m’occuper de mes enfants mais, il n’y a pas de sous-métier et je suis prête à accepter n’importe quel travail qui me permette de cesser de dépendre du CPAS. Je me sens encore menacée même ici en Belgique parce qu’il y a un mandat d’arrêt qui a été lancé contre moi pour kidnapping en Mauritanie. J’ai la chance de bien parler français et mes enfants aussi mais je ne connais personne ici, je voudrais sortir de cette bulle, Convivial m’aide à me reconstruire ici en Belgique et grâce à son aide concrète, je peux enfin sortir la tête hors de l’eau.

S.F, juin 2019

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