Mahdi, Afghanistan

mahdi« Je suis né en 1995 à Vardak, en Afghanistan. Mes parents sont chiites. Cela leur valait pas mal de problèmes, comme des actes de racisme et une discrimination économique. Nous vivions une existence misérable.» Quand Mahdi a eu cinq ans, son père s’est vu contraint de mettre sa famille à l’abri et de fuir en Iran. «Nous pensions que là-bas ce serait mieux pour nous. Il y a aussi des chiites dans ce pays et on parle la même langue. Mon père espérait que nous y serions acceptés en tant que réfugiés mais cela a été horrible. Son rêve a éclaté comme une bulle de savon. Les enfants des réfugiés afghans ne pouvaient pas aller à l’école, ce qui est une violation des droits de l’homme. Nous faisions aussi constamment l’objet de tracasseries. Les conditions de vie étaient épouvantables. Certains Afghans préféraient même se laisser mourir plutôt que de devoir vivre de cette manière. C’était sans espoir.»
Lorsque Mahdi a eu 14 ans, il a cherché le moyen de s’en sortir. Il a fui une nouvelle fois et est arrivé en Belgique. Le voyage a duré un an et huit mois, car il possédait très peu d’argent. C’est ainsi qu’il a séjourné longtemps en Grèce, souvent en errant dans les ports afin d’essayer de monter à bord d’un bateau. Quand il est arrivé en Belgique, il a envoyé une lettre à ses parents et ses deux jeunes sœurs, à laquelle il n’a jamais reçu de réponse. «C’est douloureux. J’ignore ce qui leur est arrivé et où ils vivent maintenant.» Des recherches sont actuellement effectuées pour retrouver la trace de sa famille. Mahdi est scolarisé ici et suit l’orientation électricité et mécanique. Il est très heureux de pouvoir aller à l’école et espère ensuite trouver un travail. Il habite pour l’instant seul dans un appartement à Bruxelles. «Lors du premier jour d’école, tout le monde s’est présenté. J’ai raconté que je venais d’Afghanistan. Tout le monde pense alors tout de suite aux talibans. Comme j’ai la peau claire, on a aussi cru que j’étais originaire de Chine. Il ne faut jamais juger sur les apparences. Comme je ne parlais pas encore très bien le français à l’époque, j’avais du mal à détromper les gens. Car l’Afghanistan a une telle diversité, une telle richesse. Mon pays et ma famille me manquent énormément et j’espère pouvoir y retourner un jour. »

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