Danielle, Guinée

danielleEn Guinée, les mariages forcés et les mutilations génitales sont encore monnaie courante. Les jeunes filles confrontées à ces pratiques effroyables n’ont le plus souvent qu’une alternative : soit se soumettre aux pressions de leur entourage familial et se résigner au pire, soit fuir et rompre tous les ponts. A 17 ans, c’est la fuite qu’a choisie Danielle. Malheureusement, l’enfant qu’elle a eu à l’aube de son adolescence n’a pas pu l’accompagner. « Une tante bienveillante m’a recueillie, avant d’organiser mon départ vers la Belgique. A l’âge où, dans les pays occidentaux, la plupart des adolescentes mènent une vie sans-souci, je me suis retrouvée ici seule, perdue et sans ressources ». Dans les premiers jours, une femme a même tenté d’abuser de sa détresse en l’employant à son service. « Après l’introduction de ma demande d’asile, une tutrice m’a aidée à trouver une école et à effectuer différentes démarches. J’ai obtenu le statut de réfugié au bout de neuf mois, mais même avec des papiers, la vie n’est pas facile ». Aujourd’hui, Danielle a 23 ans et poursuit brillamment ses études à Bruxelles. Mais elle reste écorchée par les traumatismes qu’elle a vécus dans son pays et par le manque affectif qu’a provoqué la rupture brutale avec ses racines. « Depuis mon arrivée en Belgique il y a cinq ans, je ne manque de rien sur le plan matériel et je suis libre de faire ce que je veux. Mais quelque chose en moi ne cesse de me chagriner. Je suis aussi tenaillée par la peur de ne pas m’en sortir ici et je me pose sans cesse des questions sur mon avenir ». Réussir sa vie en Belgique et prendre ainsi une revanche sur sa vie gâchée en Guinée, un pays dont elle a la nostalgie mais qui l’a obligée à fuir : voilà l’enjeu pour Danielle. A 23 ans, elle apparaît comme une jeune femme tout en contrastes, à la fois résolument endurcie et fragilisée à l’extrême par les épreuves de son passé. Depuis quelques mois, elle se sent moins seule : son enfant l’a rejointe en Belgique. Le récupérer fut pour elle un grand soulagement et sans doute une étape importante dans son intégration.

Crédit photo: Fedasil/Dieter Telemans

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