“Louer mes biens à des Réfugiés m’a vraiment appris beaucoup”

lgt2Depuis 2006, le Service Logement de Convivial alimente une liste de propriétaire fidélisés. Satisfaits de nos services, ils acceptent de mettre un ou plusieurs biens en location de manière récurrente pour les bénéficiaires de Convivial.

Rencontre avec Koen Bergers, « propriétaire malin » et fidélisé !

Comment a commencé votre collaboration avec Convivial ?

« Je désirais m’investir socialement et peu de temps après avoir rencontré Convivial, j’ai mis une première chambre à disposition des Réfugiés. Je dois dire que j’ai été impressionné par l’énorme soutien que Convivial m’a apporté, je me sentais aidé sur tous les plans !

Aujourd’hui, je loue une vingtaine de logements au public de Convivial, allant de simples chambres ou des studios avec des espaces communs, tels que la cuisine ou la salle de bain. »

Que retirez-vous de cette expérience ?

« Louer mes biens à des Réfugiés m’a vraiment appris beaucoup. Ces sept dernières années, j’ai été en contact avec des personnes de plus de 18 nationalités différentes, ce qui a été une expérience très enrichissante. Bien sûr, les locataires Réfugiés sont peu au courant du marché locatif belge, et louer un appartement est un véritable défi pour eux. Il est parfois difficile de se faire comprendre : comment, par exemple, expliquer que laisser ses souliers dans le hall d’entrée contrevient aux règles de sécurité en matière d’incendie si on leur a précédemment expliqué que porter ses chaussures à l’intérieur n’était pas hygiénique ?

C’est pourquoi j’aime travailler en collaboration avec Convivial : ils se chargent d’expliquer ces choses-là et aident les propriétaires et locataires à surmonter les obstacles en construisant une relation mutuelle de compréhension et de confiance basée sur une communication efficace.

Convivial m’a également aidé à me remettre en question en termes de relations personnelles qui peuvent être vécues d’une manière totalement différente en fonction du contexte culturel ou d’évènements personnels vécus antérieurement. Certains mécanismes que j’avais développés lors de mes précédentes expériences de propriétaire ne sont désormais plus valables. Par exemple, avant, j’aurais interprété un regard fuyant comme le fait que cette personne essaie de me cacher quelque chose. Mais pour les Réfugiés, cela peut être un signe de traumatisme. Parallèlement, les Réfugiés ont tendance à faire confiance aux organisations indépendantes plutôt qu’au propriétaire lui-même lorsqu’il s’agit d’expliquer les aspects techniques de la location et les paiements. »

Avez-vous rencontré des désagréments avec des locataires ou avec des voisins ?

« J’ai été surpris de découvrir que le racisme existait également entre Réfugiés. Les tensions ne sont pas uniquement dues au fait qu’ils sont issus de différents pays ou régions, elles peuvent aussi trouver leur origine dans l’appartenance religieuse. De simples situations, comme un locataire mijotant du porc dans la cuisine commune, peuvent devenir très complexes.

Par ailleurs, j’ai, sans aucun doute, remarqué que les préjugés et la peur apparaissent rapidement parmi les voisins ou les autres propriétaires. Mais il faut qu’ils sachent que les personnes bénéficiant du statut de Réfugiés ont besoin que quelqu’un leur donne une chance. Comment sont-ils supposés trouver un emploi si personne ne leur permet de contracter un bail ? J’ai reçu beaucoup de respect et j’ai développé des relations d’amitié avec de nombreux Réfugiés, ils apprécient que je leur donne une chance et, ensemble, nous avons bâtis des liens sociaux qui vont bien au-delà des contrats légaux. »

Extrait de l’Echo Convivial N°4 : “Le logement : la clé pour une nouvelle vie” – Mai 2014

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