“On n’est jamais prêt à vieillir et à affronter les maladies”

Rencontre avec les participants au projet « Attends-moi mon enfant », destiné à mettre en place une démarche préventive de rencontres et formations à l’attention des Réfugiés âgés et de leurs aidants proches pressentis.

Entretien avec Philomène, Gorette, Théoneste, Ancilla et Anastasie

témoignage aidants proches_finalPour vous quelle est l’utilité du projet d’aidants proches ?
Au pays, c’est différent d’ici, même si on a aussi des aidants proches, ce n’est pas la même chose. Les enfants de chez nous sont différents, c’est le contraire d’ici. Chez nous, on éduque les enfants à respecter les vieux, les malades et les handicapés. Ici, il y a des problèmes avec les personnes qui sont dépendantes et qui vieillissent, nous avons l’impression qu’ils sont délaissés ; on ne voit pas leur place. Chez nous, on a les enfants à la maison et on peut se reposer. En Belgique, les enfants sont très occupés : ils vont au travail ou à l’école, s’occupent de leurs enfants, nettoient leur maison, font la cuisine, etc. et ils n’ont pas le temps pour nous. D’ailleurs, mes enfants ne se posent pas encore la question de mon avenir, de ma vieillesse. De plus, ici, on n’a pas beaucoup de famille ou d’amis, alors oui, c’est important qu’on trouve quelqu’un pour nous soutenir plus tard.
Avec le projet d’aidants proches, nos enfants se réunissent le dimanche et il leurs est expliqué comment ils pourront s’occuper de nous quand nous seront plus dépendants.
Nous aussi, nous avons régulièrement nos réunions où le responsable, Sosthène, nous apprend à affronter cette étape de la vie, à nous adapter à la situation.

Qu’avez-vous appris aux réunions ?
La fois passée, j’étais à la réunion organisée pour nous et on nous a dit beaucoup de choses mais je n’arrivais pas à tout retenir. On nous donne beaucoup de conseils surtout pour quand nous sommes malades, qu’on a des problèmes de dos ou de jambes. On nous explique aussi comment nous comporter et comment les enfants doivent se comporter avec la maman quand elle devient vieille et agressive.
On nous a aussi expliqué qu’il y a parfois des conflits parce qu’il y a de l’intolérance de la part des jeunes. Quand on est vieux et seul, on a envie de parler à nos enfants mais ils n’ont pas le temps, alors ils s’énervent. Nous aussi quand on devient vieux, on peut devenir agressif et cela peut engendrer la maltraitance, on communique mal avec les autres. Et parfois, on ne s’en rend même pas compte !

Après avoir suivi ces réunions, vous sentez-vous prêts à vieillir ici ?
On n’est jamais prêt à vieillir et à affronter les maladies, mais on sait déjà plus de choses, alors ça nous aide et on voudrait que Convivial continue à donner des conseils à nos enfants mais à nous aussi pour mieux comprendre le vieillissement dans les conditions d’ici.

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